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POSSESSION (création 2017)

Installation marionnettico-magique

Création au Festival Mondial des Théâtres de Marionnette de Charleville-Mézières, en septembre 2017

Le point de départ /Un drôle de plagiat

« J’accuse l’auteur du Jabberwocky d’avoir voulu pénétrer un vide qui ne voulait pas être possédé. »

 (A.Artaud, lettre à A.Parisot)

Au départ de ce projet est venue la découverte de la naissance d’un monstre intérieur, ou la double possession d’Antonin Artaud via son « plagiat par anticipation » du Jabberwocky de Lewis Carroll: Lorsqu’il découvre le texte de Carroll, Artaud n’a qu’une certitude; ce texte n’est pas celui de Carroll, mais le sien. A travers cette folie dévoratrice, il tentera ainsi de faire disparaître le moindre doute entre la création de Carroll et la sienne, de ne faire qu’un avec ce texte, créant ainsi sa propre version du Jabberwocky, et nourrissant en même temps son propre « monstre ».

Note d’intention/Possedé?

Il s’agit d’une proposition autour de la figure du « possedé ». Qu’est-ce qui nous dépasse, jusqu’à quelquefois nous détruire, ou nous transformer en quelque chose d’autre… La sensation de perte de contrôle, de dépassement de nous-même et de nos limites sera rendue palpable par des procédés magiques, et permise à travers un partenaire marionnettique, qui peut, quand à lui, repousser les limites de transformation et de déformation d’un corps. Le visage de Lewis Carroll avalé par Artaud, une transe-formation, un monstre intérieur réveillé et révélé… autant d’images propres à susciter un imaginaire fort, faisant appel en même temps à la magie et à la marionnette pour porter haut ces visions.

« Le vrai théâtre parce qu’il bouge et parce qu’il se sert d’instruments vivants, continue à agiter des ombres où n’a cessé de trébucher la vie. (…)  Ceci amène à rejeter les limitations habituelles de l’homme et des pouvoirs de l’homme , et à rendre infinies les frontières de ce que l’on appelle la réalité. »(A.Artaud

Avec un tel propos, le défi de réveiller ces « ombres » devient une évidence, et questionner l’être habité/incarné/dépassé/possedé, c’est se rendre à l’endroit de porosité où peuvent se côtoyer la magie et la marionnette, à l’endroit où l’impossible est remis en question par la perturbation des répères cognitifs habituels du public .

L’installation/L’étrange cellule

On retrouve une marionnette d’Antonin Artaud, au début masquée par le visage de Lewis Carroll, dans un espace abstrait, une cellule/cage, allongé sur un lit décrépit, semblable à une étrange table d’opération. A côté de ce cube, on devine une présence mystérieuse, dont les gestes semblent déclencher les mouvements et les contorsions d’Artaud à distance.

« Tant que je me sentirai suivi par un double ou un spectre, ce sera le signe que je suis. »

(A.Artaud)

 

L’Equipe

Conception : Violaine Fimbel

Création son : Didier Ducrocq
Avec: Marjan Kunaver et Marianne Durand
Construction: Marianne Durand, Violaine Fimbel, Marjan Kunaver, Elisza Peressoni

Merci à: Quentin Cabocel, Samuel Lepetit, Patrick Sims, Josephine Biereye, et Marie-Christine Fimbel

Cette création a bénéficié des soutiens suivants:

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