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Extrait de l'Article intitulé   À la croisée des arts et de la littérature écrit par Chantal Boiron sur le site UBU-Scènes d'Europe  ( https://ubu-apite.org/a-la-croisee-des-arts-et-de-la-litterature/  )   à propos de la 20ème édition du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières en septembre 2019

 

Violaine Fimbel a fondé, dès sa sortie de l’ESNAM en 2014, la Compagnie Yokaï. Gimme shelter (Donne-moi un abri) mêle des acteurs avec des marionnettes. Cela commence de façon ludique puisque le public est scindé en deux groupes. L’un des deux groupes est invité à prendre place dans une sorte de manège enchanté (un peu kitsch), peuplé d’animaux et de créatures bizarres. Très vite, le ton se fait plus grave. On apprend que les animaux ont été contaminés suite à une catastrophe écologique. Puis,  succédant à l’autre groupe qui a fait le parcours inverse, on se retrouve à l’intérieur d’un transformateur,  un réduit minuscule, encombré de boîtes de conserve et d’objets hétéroclites, face à deux reclus enfermés dans leurs sacs de couchage: un SDF  ventriloque et une marionnette, sa compagne de misère. Dans un coin, une télé allumée: leur seul lien apparent avec le monde extérieur. On est confronté à une situation de grande solitude et de détresse que l’on croit connaître à travers ce que les médias nous renvoient. Mais la proximité et l’intimité que l’on a avec ces deux personnages beckettiens (la marionnette femme est impressionnante de réalisme), leur peur d’un danger imminent nous interrogent. C’est un travail vraiment intéressant.

PRESSE (à propos de la maquette de Gimme Shelter, Noctarium, donnée à voir en 2016 au festival Orbis Pictus) :

« Menace nucléaire et peurs contemporaines

Quant à la tonalité générale des spectacles proposés cette année dans le cadre d’Orbis Pictus, force est de constater que l’heure n’est pas à la franche rigolade, la majorité des thèmes abordés sont plutôt graves, notamment la menace nucléaire qui sert de toile de fond à plusieurs d’entre eux. Même derrière les sujets plus anodins ou humoristiques se dissimule presque toujours une note grinçante et décalée qui fait dérailler le bel ordre apparent des choses. Les spectacles les plus marquants de cette édition 2016, à mon goût, sont d’ailleurs ceux qui abordent frontalement les peurs de notre société moderne. Les objets banals du quotidien y prennent souvent un visage menaçant, voire terrifiant.

C’est le cas notamment des jouets, poupées et peluches, de Noctariumde la compagnie Yokaï, qui se transforment en des créatures monstrueuses, mutantes et radioactives. L’une des originalités de ce spectacle qui incite vraiment à la réflexion sur le nucléaire est de pouvoir être vu deux fois, une fois de l’intérieur de la pièce où vit reclus l’un des personnages (un jeune homme), l’autre de l’extérieur de cette cabane, où déambule l’autre personnage (une jeune femme). Cette astuce de mise en scène apporte un vrai plus à la création de cette jeune troupe d’artistes. »

Cristina MARINO, pour le blog du journal Le Monde